KARSTODYSSEE

Le projet

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Depuis l’été 2015, notre navire et les chercheurs géologues, géographes et spéléologues de la mission Karstodyssée, parcourent la Méditerranée à la recherche des anciens niveaux marins, déposés dans les grottes marines.

La mission durera plusieurs mois. Elle associe les chercheurs des universités Paris 8 et Versailles-Saint-Quentin, le laboratoire d’anthropologie préhistorique de Monaco, divers partenaires associatifs français, ainsi que des laboratoires italiens, tunisiens et turcs.

La période étudiée est l’Eémien, il y a 125 000 ans, une époque où l’Homme était déjà présent sur Terre. La planète a alors connu un réchauffement climatique identique à celui que nous vivons aujourd’hui. Le niveau des mers est monté de plusieurs mètres au-dessus du niveau actuel. Le responsable n’était certainement pas l’Homme dont l’activité industrielle principale était la taille du silex. Le phénomène a été totalement naturel et s’explique parfaitement par les cycles astronomiques qui caractérisent la rotation de la Terre autour du Soleil et définissent la quantité d’énergie que reçoit la planète. Découverts par le mathématicien serbe Milutin Milanković en 1941, ces cycles sont aujourd’hui unanimement acceptés pour expliquer partiellement les variations climatiques depuis un million d’années. A cela, s’ajoute le gaz carbonique que les océans relâchent sous l’effet du réchauffement, ce qui amplifie et accélère le processus. L’activité volcanique intervient aussi en produisant des gaz à effet de serre ou, au contraire, des cendres qui, en obscurcissant l’atmosphère, refroidissent la terre. Ainsi, sur une période d’environ 100 000 ans, la mer descend lors des périodes froides puis remonte lors de périodes chaudes.

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Courbe de température de la planète depuis 250000 ans (document O. Berruyer)

Cet épisode de l’Eémien et ceux qui l’ont précédé n’étaient pas provoqués par l’Homme.  Le réchauffement actuel, qui a débuté il y a 18 000 ans environ, comprend une part naturelle et une part liée aux activités humaines dont l’importance est sujette à des débats parfois polémiques. Quoi qu’il en soit, la température augmente et la mer monte et il sera vraisemblablement difficile, voire impossible de s’y opposer.

Une meilleure connaissance de l’épisode ancien de l’Eémien est donc primordiale pour préparer les populations littorales à s’adapter aux nécessaires changements que le réchauffement actuel provoquera. En fournissant des données sur la part naturelle du changement climatique, la mission Karstodyssée permettra de mieux évaluer le rôle de l’Homme dans le processus actuel et de calibrer les modèles prédictifs de remontée du niveau des océans.

Pour ce faire, notre navire Triton, un voilier de 12 mètres, longe les littoraux calcaires à la recherche des grottes.

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Triton sous voiles

Ces dernières sont explorées grâce à des embarcations plus légères ou inspectées à l’aide d’un drone.

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Le drone à Cap d’Ail

 

Elles sont cartographiées et intégrées dans un atlas, le Karstatlas qui sera mis en ligne, en open source pour permettre l’accès au plus grand nombre au fur et à mesure des découvertes.

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Plan de la grotte de Cabbé à Roquebrune

Les anciens niveaux marins découverts sont étudiés et prélevés pour être analysés et datés grâce à l’uranium/thorium, une méthode de dation radioactive largement utilisée pour cette période de temps.

Le financement, qui fait intervenir les différentes universités du programme et l’association Centre d’Etude du Karst, a permis le démarrage du programme. Il sera complété grâce à des subventions et aides internationales.